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Edito d'Israël Magazine n°19
Les dépêches, les articles de presse, les images souvent trompeuses, toujours déformées, font apparaître Israël pour ce qu'il n'est pas. Le tourbillon maléfique, j'allais dire médiatique, -ma plume a fourché-, ne doit pas nous faire oublier l'essentiel. Israël est un pays unique où chaque village, chaque pierre, chaque colline est une parcelle d'histoire et scande un moment qui raconte l'éternité de l'humanité. Quant aux "Dix Commandements" qui ont dicté au monde son code moral, ils ont laissé de telles traces que l'on en fait même, parait-il à Paris, des comédies musicales!
Israël est un pays unique où l'on peut interpeller quelqu'un en anglais, vous apostropher en russe, vous rabrouer en français et vous sourie en amharique, la langue de nos merveilleux Falashas.
Israël est un pays où le policier est un voisin, quelquefois un ami et où le mot bavure n'a pas droit de cité dans le dictionnaire. L'apparition d'un gyrophare ne donne des bouffées de chaleur et des aigreurs d'estomac qu'à ceux, et encore, qui auraient oublié d'attacher leur ceinture de sécurité.
Israël est un pays rare qui chante quand il ne pleure pas ses morts et qui chaque samedi danse jusqu'au soir, des rondes folkloriques venues du Yémen ou du Shtetel.
Israël est un pays unique où vous sautez d'une traite des pentes neigeuses du Hermon pour, allègrement, traverser le Néguev et vous retrouvez sous le soleil paresseux d'Eilat.
Israël est un pays de raccourcis saisissants, d'instantanés magiques semblant chuter de mars, où votre facteur s'entretient avec vous, entre deux factures et trois lettres, d'une sentence sibylline de l'Ancien testament ou des problèmes géostratégiques du Moyen-Orient. C'est là entre palmiers et eucalyptus, qu'on a la sensation que le cerveau sert enfin à quelque chose.
N'en déplaise à certains qui voudraient voir des hommes politiques derrière ce magazine, ce qui nous anime, quand nous parlons de ce petit coin de terre, perdu entre Asie et Europe, c'est la rage quelque peu désespérée de le voir livré à l'emportement terroriste, à ce qu'a appelé Musharaf, le président pakistanais, "l'action des derniers de la classe": "Aujourd'hui, dit-il des Musulmans, nous sommes les plus pauvres, les plus illettrés, les plus arriérés, les plus mal soignés, les plus obscurantistes de toute la planète." "Le produit national brut du monde musulman est de 1.200 milliards de dollars, la moitié de celui de l'Allemagne, moins du quart du Japon. La cause en est l'absence totale de préoccupations pour l'éducation et l'enseignement. C'est cela la vraie Jihad que nous devons fournir."
Et s'il s'avérait que l'amour d'Israël ne serait que l'effet de ce soleil d'hiver qui frappe avec dureté un cuir de moins en moins chevelu, nous aurions en commun avec ce président pakistanais de souffrir du même mal, pour qu'il s'exprime ainsi. Entre un peuple et un pays, Israël, qui ont su extraire de quelques arpents de terre et d'entrailles meurtries par le génocide, le modernisme en quelques années, et d'autre part, ces pays musulmans- qui, quelque part, méritent notre compassion-, que des dictateurs confinent dans l'extrémisme pour mieux masquer leur incompétence, n'y aurait-il pas un pont que l'on pourrait jeter un jour avec des Musharaf et d'autres amoureux de la paix comme vous, comme nous, mais qui ne seraient pas forcément, eux, une autre sorte de kamikaze, c'est-à-dire des hommes prêts à sacrifier leur vie et leur terre au nom de superbes principes – qui est vraiment contre la paix? – pour satisfaire l'opinion internationale, ainsi que des intérêts sans rapport avec le bien être des peuples. Ce jour-là, le soleil tapera dur pour tout le monde!!!
Mars 2002
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