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A quinze kilomètres au nord-ouest de Jérusalem, à 820 mètres d'altitude dans les collines boisées des monts de Judée, se perche le kibboutz Maalé Hahamisha (la Montée des Cinq). Entouré de pins et de cyclamens sauvages, le kibboutz qui fut fondé en 1938, surplombe le village voisin d'Abou Gosh, et il offre un cadre reposant à ceux qui viennent s'y détendre.
En 1934, des membres de l'organisation de jeunesse sioniste polonaise Gordonia de Lodz, décident de monter en Palestine afin de fonder une implantation. Mais en novembre1937, avant même d'avoir eu le temps de créer leur village, les arabes hostiles des alentours, assassinent lors d'une embuscade cinq membres fondateurs de l'implantation juive, alors qu'ils travaillaient au défrichage du site afin de planter une forêt. En juillet 1938, en réplique à ce meurtre, sur les lieux mêmes du drame, est créé un nouveau kibboutz du nom de Maalé Hahamisha pour honorer leur mémoire. Dès le début, il opte pour la laïcité.
Sans terrain cultivable et manquant d'eau, les premiers membres de cette ferme agricole ont cherché des solutions pouvant pallier ces conditions difficiles. C'est ainsi qu'ils ont favorisé le développement des semences typiques de la régions telles que ''le chou-fleur Maalé Hahamisha''. Dans le domaine de l'irrigation, les pionniers ont été les premiers à utiliser de l'eau de vidange pour les besoins de l'agriculture. Dans la plantation, les kibboutznikim développèrent la culture de "la pêche Maalé Hahamisha". Les condition difficiles de l'agriculture ont dicté la réorientation de l'activité du kibboutz vers la branche villégiature dès les années quarante. En 1945, ouvrit la première pension.
Lieu stratégique
Maalé HaHamisha a joué un rôle essentiel pendant la guerre d'Indépendance de 1948, dans la bataille de Jérusalem, tentant désespérément de maintenir la route de la capitale ouverte. Assiégé, le kibboutz a été coupé de la région de la Shféla et de Jérusalem. Par deux fois, le kibboutz a été attaqué et bombardé par l'infanterie et les tanks de la légion jordanienne, détruisant poulaillers, étables et animaux qui s'y trouvaient. Les femmes et les enfants furent alors évacués vers un monastère de Jérusalem. Le lieu fut investi par les combattants du Palmach et transformé en base militaire d'où partaient leurs opérations. Les tentatives israéliennes d'assaillir Névé Samuel et la colline du Radar échouèrent. La fin de la guerre délimita la ligne verte de démarcation d'avec la Jordanie à quelques mètres en contrebas du kibboutz.
Lors de la guerre des Six Jours, grâce au régiment Harel en route pour libérer Jérusalem, la colline du Radar, poste menaçant de la légion jordanienne, fut cette fois conquise avec succès dans la nuit du 5 juin 1967. Ceci permit de ramener Jérusalem et la Judée Samarie sous contrôle israélien. La frontière fut reculée et Maalé Hahamisha put vivre en paix.
Une cohabitation parfois difficile
Le kibboutz est bordé de plusieurs villages arabes et l'hôtel emploie d'ailleurs du personnel du village arabe voisin d'Abou Gosh avec lequel il entretient de bons rapports contrairement aux autres villages arabes des alentours. En 1992, des Arabes du village d'en face ont incendié les serres d'orchidées du kibboutz qui ont été depuis reconstruites.
Situation économique et bouleversement idéologique
Aujourd'hui, le kibboutz compte environ 300 membres. Ses activités sont variées, se partageant entre agriculture et tourisme. Il possède une étable de 220 vaches laitières, un poulailler de 20.000 poules pondeuses et un chenil où l'on peut venir adopter un chien. Maalé Hahamisha cultive 3.500 dounam de champs dans la plaine de la Shféla, principalement du coton, du blé, des plantes fourragères et du vignoble. Le kibboutz possède également depuis 1970 une serre d'orchidées ayant remporté des prix lors d'expositions florales. La serre contient aussi des plantes d'appartement et de jardin destinées comme les fleurs, à la vente. Malheureusement, il y a une dizaine d'années, l'usine de confiserie du kibboutz a été contraint de fermer car elle ne pouvait supporter la concurrence de grands groupes tels que Elite ou Strauss. Mais la principale source de revenus provient de l'hôtel 4 étoiles avec ses 230 chambres, son centre de réunion et de congrès dont 15 salles équipées pouvant contenir jusqu'à 450 personnes, ses piscines extérieure et intérieure, sa salle de sport et de remise en forme, son spa, son espace beauté, ses jardins et ses courts de tennis. Les chambres de l'hôtel offrent une magnifique vue panoramique sur Jérusalem et ses environs.

Pour les personnes non véhiculées, une ligne directe de bus relie la capitale à Maalé Hahamisha en 20 minutes seulement. Très pratique pour les Jérusalmites.
Le kibboutz de type collectiviste à sa création est en passe de se reconvertir à l'économie de marché. Laïc, il n'a pas su, semble-t-il, préserver les valeurs juives. Connaissant des problèmes financiers depuis sa fondation, ses membres ont opté actuellement pour un changement radical d'idéologie, suivant le mouvement de privatisation générale des kibboutzim. Les services autrefois délivrés uniformément à tous les membres s'individualisent désormais. Ainsi, la cantine ne sert plus que les personnes âgées ne pouvant se débrouiller seules. Pour le reste, elle sert de salle d'exposition ou de fête.
Les vêtements et les chaussures ne sont plus fournis par la collectivité. Les membres suffisamment aisés possèdent une voiture privée. La plupart d'entre eux travaillent d'ailleurs en dehors du kibboutz. Les revenus de chacun ne sont plus versés dans la caisse commune.
Chacun est maintenant rémunéré selon ses propres capacités. Même l'école du kibboutz s'est ouverte aux enfants de l'extérieur. Une parcelle de terrain a été vendue à une école privée. Se tournant vers une économie capitaliste, il en va de la survie du kibboutz.
C'est sans doute le revers du formidable succès économique qu'a su opérer Israël en à peine un demi siècle.
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